Le vieux lion, l’un des meilleurs joueurs africains de l’histoire, vide son sac à l’approche de la plus grande compétition de football du continent.
L'ancienne gloire des Lions indomptables évoque ainsi les rapports entre l’argent et le football, de la Can 2006 et de ses favoris, de son pays le Cameroun, et bien d’autres sujets.
Quel avis portez vous sur la compétition qui s’ouvre le vendredi prochain ?
Roger Milla : La compétition sera d'un excellent niveau. Concernant les favoris, Personne ne peut garantir quoi que ce soit. Mais je pense que cela va être un super tournoi avec un excellent niveau. Je vois surtout les cinq qualifiés pour le Mondial et les grosses équipes comme le Nigeria, le Cameroun, l'Egypte, le Sénégal.
Dans quel état va se présenter le Cameroun, après son élimination du Mondial ?
R G : Je pense que les joueurs ont digéré mais cela a été très dur moralement.
Mais c'est surtout l'opinion publique au Cameroun qui a souffert. Nous, les anciens, on doit expliquer aux gens qu'on peut perdre des matches. Le Cameroun n'est pas imbattable.
Vous fustigez souvent de la mauvaise organisation africaine et notamment des problèmes des autorités du football
RG : C'est un problème complexe. La plupart des administrateurs du football africain sont des personnalités qu'on ne peut pas toucher. Le problème du football africain c'est l'argent. Il faut sanctionner et éviter que les gens puissent toucher à l'argent. Aujourd'hui, quand quelqu'un veut devenir président ou quelque chose dans une fédération ou autre, c'est pour l'argent. Ce n'est pas normal qu'on donne de l'argent à la fédération, et que les joueurs ne touchent rien ou presque. Il faut aussi éviter que l'argent se perde. Il faudrait que les fédérations aient un gestionnaire unique. Ainsi, s'il manque dix francs on sait à qui s'adresser.
Parmi les équipes à la Can, il y a les 5 qualifiés pour le mondial. Quelles sont leurs chances en Allemagne?
RG : Je pense honnêtement qu’elles peuvent aller loin. Il faut simplement être convaincu psychologiquement qu'elles peuvent bien faire. Même l'Angola et le Togo qui n'ont pas d'expérience. Le Togo peut battre la France. En football tout est possible. Même la Côte d'Ivoire qui a un groupe très difficile. Le Cameroun en 1990, on avait un "groupe de la mort" aussi avec Argentine, l'URSS et la Roumanie et pourtant on est passé en 8e et en quarts. Ce qu'il faut c'est qu'elles passent toutes le premier tour pour prouver qu'on mérite une sixième équipe et même une septième en Coupe du monde. Une équipe africaine peut gagner le Mondial en 2006 ou en 2010.
On a constaté que vous n’avez pas de meilleurs rapports avec la CAF ?
RG : Ce que je ne comprends pas à la CAF, c'est qu'il n'y a aucun footballeur. A la commission de discipline, à la commission du jeu, à la commission ci ou ça, il n'y a aucun footballeur. Les gens comme moi, Weah ou Abedi Pelé, on nous a mis à la porte. Je ne comprends pas pourquoi Blatter arrive à composer avec beaucoup de footballeurs à la FIFA et que la CAF n'y arrive pas."
De plus en plus, on évoque la date de la CAN et sa périodicité de tous les deux ans qui posent problèmes aux clubs européens. Faut-il changer la formule, faire une CAN tous les 4 ans, ou la programmer à l'été européen?
RG : C'est très compliqué. Il faut que tout le monde se réunisse pour trouver une solution qui satisfasse tout le monde. Les clubs qui paient les joueurs et les fédérations africaines qui les utilisent gratuitement. Je pense qu'il ne faut pas passer à une CAN tous les quatre ans. Il faut se rendre compte de l'événement que c'est pour l'Afrique et il est nécessaire d'en avoir une tous les deux ans. S'il faut attendre quatre ans entre chaque compétition, les petits pays ne pourraient pas jouer de vrais matches contre d'autres équipes ou préparer l'avenir. Quatre ans en Afrique c'est trop.
On évoque aussi du pillage de l'Afrique et des managers peu scrupuleux qui arrachent les jeunes à leur pays sans garantie de réussite...
R G : Je pense que les managers ne sont pas les fautifs. Mon premier message va aux parents. Ce sont les parents qui sont en train de vendre leurs enfants.
Certains dévalisent même leurs maisons pour payer des billets d'avions à leurs enfants en espérant qu'il va gagner beaucoup d'argent par la suite. La réussite commence à domicile. Il faut que les jeunes restent dans le pays, qu'ils jouent et continuent leurs études. Si c'est vraiment un bon footballeur, s'il atteint un réel niveau, alors là un club ou un manageur le remarquera et il pourra alors quitter le pays pour aller en Europe dans de bonnes conditions."
Quels conseils donneriez vous aux joueurs africains, dont on dit qu’ils sont souvent indisciplinés?
R G : Le premier conseil que je donne aux jeunes joueurs c'est: si tu veux être un grand footballeur, il faut être sévère avec toi-même. Il faut être réaliste, comme les Européens. Moi, j'essayais de l'être. Et être réaliste c'est travailler. Ce n'est pas faire la fête et ensuite aller voir un marabout qui va te donner une herbe pour gagner.
L'ancienne gloire des Lions indomptables évoque ainsi les rapports entre l’argent et le football, de la Can 2006 et de ses favoris, de son pays le Cameroun, et bien d’autres sujets.
Quel avis portez vous sur la compétition qui s’ouvre le vendredi prochain ?
Roger Milla : La compétition sera d'un excellent niveau. Concernant les favoris, Personne ne peut garantir quoi que ce soit. Mais je pense que cela va être un super tournoi avec un excellent niveau. Je vois surtout les cinq qualifiés pour le Mondial et les grosses équipes comme le Nigeria, le Cameroun, l'Egypte, le Sénégal.
Dans quel état va se présenter le Cameroun, après son élimination du Mondial ?
R G : Je pense que les joueurs ont digéré mais cela a été très dur moralement.
Mais c'est surtout l'opinion publique au Cameroun qui a souffert. Nous, les anciens, on doit expliquer aux gens qu'on peut perdre des matches. Le Cameroun n'est pas imbattable.
Vous fustigez souvent de la mauvaise organisation africaine et notamment des problèmes des autorités du football
RG : C'est un problème complexe. La plupart des administrateurs du football africain sont des personnalités qu'on ne peut pas toucher. Le problème du football africain c'est l'argent. Il faut sanctionner et éviter que les gens puissent toucher à l'argent. Aujourd'hui, quand quelqu'un veut devenir président ou quelque chose dans une fédération ou autre, c'est pour l'argent. Ce n'est pas normal qu'on donne de l'argent à la fédération, et que les joueurs ne touchent rien ou presque. Il faut aussi éviter que l'argent se perde. Il faudrait que les fédérations aient un gestionnaire unique. Ainsi, s'il manque dix francs on sait à qui s'adresser.
Parmi les équipes à la Can, il y a les 5 qualifiés pour le mondial. Quelles sont leurs chances en Allemagne?
RG : Je pense honnêtement qu’elles peuvent aller loin. Il faut simplement être convaincu psychologiquement qu'elles peuvent bien faire. Même l'Angola et le Togo qui n'ont pas d'expérience. Le Togo peut battre la France. En football tout est possible. Même la Côte d'Ivoire qui a un groupe très difficile. Le Cameroun en 1990, on avait un "groupe de la mort" aussi avec Argentine, l'URSS et la Roumanie et pourtant on est passé en 8e et en quarts. Ce qu'il faut c'est qu'elles passent toutes le premier tour pour prouver qu'on mérite une sixième équipe et même une septième en Coupe du monde. Une équipe africaine peut gagner le Mondial en 2006 ou en 2010.
On a constaté que vous n’avez pas de meilleurs rapports avec la CAF ?
RG : Ce que je ne comprends pas à la CAF, c'est qu'il n'y a aucun footballeur. A la commission de discipline, à la commission du jeu, à la commission ci ou ça, il n'y a aucun footballeur. Les gens comme moi, Weah ou Abedi Pelé, on nous a mis à la porte. Je ne comprends pas pourquoi Blatter arrive à composer avec beaucoup de footballeurs à la FIFA et que la CAF n'y arrive pas."
De plus en plus, on évoque la date de la CAN et sa périodicité de tous les deux ans qui posent problèmes aux clubs européens. Faut-il changer la formule, faire une CAN tous les 4 ans, ou la programmer à l'été européen?
RG : C'est très compliqué. Il faut que tout le monde se réunisse pour trouver une solution qui satisfasse tout le monde. Les clubs qui paient les joueurs et les fédérations africaines qui les utilisent gratuitement. Je pense qu'il ne faut pas passer à une CAN tous les quatre ans. Il faut se rendre compte de l'événement que c'est pour l'Afrique et il est nécessaire d'en avoir une tous les deux ans. S'il faut attendre quatre ans entre chaque compétition, les petits pays ne pourraient pas jouer de vrais matches contre d'autres équipes ou préparer l'avenir. Quatre ans en Afrique c'est trop.
On évoque aussi du pillage de l'Afrique et des managers peu scrupuleux qui arrachent les jeunes à leur pays sans garantie de réussite...
R G : Je pense que les managers ne sont pas les fautifs. Mon premier message va aux parents. Ce sont les parents qui sont en train de vendre leurs enfants.
Certains dévalisent même leurs maisons pour payer des billets d'avions à leurs enfants en espérant qu'il va gagner beaucoup d'argent par la suite. La réussite commence à domicile. Il faut que les jeunes restent dans le pays, qu'ils jouent et continuent leurs études. Si c'est vraiment un bon footballeur, s'il atteint un réel niveau, alors là un club ou un manageur le remarquera et il pourra alors quitter le pays pour aller en Europe dans de bonnes conditions."
Quels conseils donneriez vous aux joueurs africains, dont on dit qu’ils sont souvent indisciplinés?
R G : Le premier conseil que je donne aux jeunes joueurs c'est: si tu veux être un grand footballeur, il faut être sévère avec toi-même. Il faut être réaliste, comme les Européens. Moi, j'essayais de l'être. Et être réaliste c'est travailler. Ce n'est pas faire la fête et ensuite aller voir un marabout qui va te donner une herbe pour gagner.